« La RSE, c’est surtout pour les grands groupes » (Et pourtant, on s’y est mis.)

Pendant longtemps, chez Transcriptus, la RSE nous semblait être une affaire de grandes entreprises. Des directions dédiées, des budgets conséquents, des tableaux de bord complexes, des labels, des audits… Mais aussi de grands impacts : pollution de l’eau, corruption et conditions de travail dans des pays lointains… Bref, quelque chose d’assez éloigné de notre réalité.

Nous sommes une petite structure de services intellectuels. Nous travaillons en coworking.  Nos rédacteurs travaillent en France et sont rémunérés correctement. Notre activité est essentiellement numérique, on n’imprime presque plus rien, et quasiment 0 déchet. Alors, très concrètement : qu’est-ce qu’on pouvait bien faire, nous, en matière de RSE ? C’est ce cheminement, fait de décisions pragmatiques et d’ajustements continus, que nous avons exploré lors d’un échange approfondi avec Charles Catherine, responsable qualité / RSE / relation clients chez Transcriptus.

L’envie de « faire quelque chose » … sans savoir par où commencer

Comme beaucoup d’équipes, l’envie est d’abord venue de l’équipe. En tant que citoyennes et citoyens, nous avions l’envie d’agir à notre échelle. Pas pour cocher des cases, ni pour communiquer à tout prix, mais parce que ça faisait sens pour nous. Encore fallait-il trouver un point d’entrée réaliste. Pas question de promettre une neutralité carbone impossible à mesurer. Pas question non plus de lancer de grandes actions déconnectées de notre quotidien.

Premier constat : notre impact est d’abord… numérique

Assez vite, un sujet est apparu comme évident : le numérique. Chez Transcriptus, tout passe par l’informatique : enregistrements audio de réunions, documents de travail, présentations, échanges par e-mail, outils collaboratifs.

Début 2021, nous avons donc commencé par une sensibilisation menée avec une consultante RSE, Claire Le Floch, autour d’une question simple : là où nous avons vraiment la main, qu’est-ce qui a de l’impact ?

En creusant, nous avons fait un constat assez banal… mais un peu vertigineux : stockage massif de fichiers, duplication des données, conservation par défaut, outils parfois mal paramétrés. De nombreux fichiers conservés depuis plusieurs années, sans utilité réelle. Pas par négligence. Par habitude.

Le saviez-vous ?
- 1 e-mail avec une pièce jointe de 1 Mo = 20 g de CO₂ (+ 6 g par personne en copie). C’est l’équivalent de 1 heure d’éclairage.
- 1 ordinateur allumé pendant 1 heure = 23 g de CO₂ (un portable consomme environ 2 fois moins qu’un poste fixe). La veille réduit la consommation d’environ 15 %. L’éteindre complètement permet de la réduire à 100 %.

Mettre des règles là où il n’y en avait pas

C’est là qu’un premier plan d’action a émergé, très concrètement, collectivement. Nous avons décidé de fixer des règles claires :

  • les enregistrements audio sont conservés 9 mois, sauf demande explicite du client,
  • cette durée est annoncée et assumée,
  • au-delà, les fichiers sont automatiquement supprimés.

Une fois les livrables transmis (PV, comptes rendus), nous considérons que la conservation relève du client. De notre côté, seuls les procès-verbaux sont conservés sans limite de durée, à des fins d’archivage.

Ce choix a entraîné un vrai travail de nettoyage, mais surtout un changement de culture : conserver moins, mais mieux, et en conscience.

Et les e-mails ? La question de la mémoire

Très vite, une autre question s’est posée : celle des e-mails. Comme beaucoup de petites structures, nous avions tendance à tout garder. Par souci de traçabilité, de sécurité, parfois aussi par attachement à la mémoire des échanges. Mais là encore, l’accumulation pose problème :

  • impact environnemental,
  • lisibilité,
  • difficulté à distinguer l’essentiel de l’accessoire.

La réflexion est toujours en cours. Nous explorons des pistes (notamment via notre CRM) pour mieux organiser l’information utile, sans multiplier inutilement les stockages. Pas de solution miracle. Mais une démarche progressive, lucide, et assumée.

Quand on est une petite structure, on agit autrement

Sur d’autres sujets, nos marges de manœuvre sont plus limitées. Installés en coworking, nous ne maîtrisons pas directement : les consommations de chauffage, l’électricité, les équipements du bâtiment.

Là encore, nous avons choisi une approche pragmatique :

  • rappels de bonnes pratiques,
  • attention portée aux usages,
  • écologie du quotidien plutôt que grands indicateurs.

Modeste, mais sincère.

Réduire les déplacements, penser le territoire

Un autre levier très concret concerne les déplacements. Autant que possible, nous affectons les missions à des rédacteurs géographiquement proches des clients.
Cela permet de :

  • limiter les trajets longs,
  • réduire la fatigue,
  • mieux respecter les rythmes de chacun.

Cette logique nous a conduits à développer un réseau territorial dense. Lorsque la situation d’un rédacteur évolue (déménagement, nouvelles contraintes), les missions sont réajustées. Non par rigidité, mais par cohérence.

La RSE, ce n’est pas que l’écologie

Très vite, la démarche RSE chez Transcriptus a aussi pris une dimension sociale et sociétale. Chez Transcriptus, un principe est clair : âge, genre, origine, handicap, rien de tout cela n’est discriminant.

Santé, différences, choix de vie : chacun est libre de parler de lui, ou non, sans crainte du jugement. Nous veillons à un climat de tolérance et d’écoute, fondé sur la bienveillance et le respect. Ce qui compte, ce sont : les compétences, les conditions de travail possibles, et notre capacité collective à nous adapter aux besoins spécifiques de chacun.

Là encore, rien de théorique. Juste des ajustements concrets, du dialogue, et une attention constante aux équilibres.

Une charte de valeurs comme boussole

Ces engagements ont été formalisés dans une charte interne, qui exprime les valeurs de Transcriptus dans ses relations:

  • avec ses salariés,
  • avec ses partenaires,
  • avec ses clients.

Ce n’est pas un document décoratif.
C’est un cadre de référence, qui peut conduire à dire non à certaines collaborations si elles vont à l’encontre de ce que nous défendons.

Et maintenant ?

Un audit réalisé avec la CCI de Paris en 2025 nous a confortés dans un sentiment ambivalent :

  • beaucoup de choses sont déjà en place,
  • mais les leviers supplémentaires sont plus difficiles à activer à notre échelle.

La suite ne passera pas forcément par des labels ou des dispositifs lourds, mais d’abord et avant tout par :

  • des actions collectives,
  • des engagements partagés,
  • des initiatives qui font sens pour l’équipe.

Parce que la RSE n’est pas réservée aux grands groupes. Elle se construit, pas à pas, là où on est.

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