CSE : les élus jugent sévèrement cette nouvelle instance

 Dans IRP

Les ordonnances Macron entrées en vigueur en septembre 2017 ont profondément modifié les instances représentatives du personnel. Ainsi, le législateur a acté la mise en place d’une nouvelle instance : le comité social et économique (CSE). Ce dernier est issu de la fusion des comités d’entreprises (CE), des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et des délégués du personnel (DP). L’un des objectifs de cette mesure était de donner une nouvelle dynamique au dialogue social au sein des entreprises.

Les élus sondés

Plus d’un an après la mise en place de ces ordonnances, recueillir le sentiment des principaux intéressés a semblé intéressant. L’institut de sondage IFOP ainsi que le cabinet Syndex ont donc lancé une grande enquête auprès de 1.147 élus dont les résultats ont été publiés le 17 janvier dernier. Il s’avère que les représentants du personnel considèrent faire face à des directions qui seraient peu enclines à faire des concessions lors des négociations relatives à la mise en place du CSE. 60% d’entre eux considèrent même que le CSE pénalisera in fine le dialogue au sein de leur entreprise.

Expertise du CHSCT

Par ailleurs, 75% des sondés ont exprimé leur inquiétude face à la mise en place du CSE, considérant que cette nouvelle instance détériorerait le dialogue social dans leur entreprise. Ils "craignent en premier lieu une perte de leur capacité d'action et plus globalement de leur poids face à la direction ». La baisse globale du nombre d'élus ainsi que la perte d'heures de délégation sont notamment évoquées.

Modification du rapport de force

Jérôme FOURQUET, directeur du département Opinion et Stratégies d’Entreprises de l’IFOP, remarque que "la modification du rapport de force se fait sentir douloureusement. Les élus adoptent une posture défensive, pour céder le moins de choses possible."  Si les différentes directions font généralement des concessions concernant les moyens accordés aux élus, « en contrepartie, elles rognent sur le fonctionnement, avec par exemple des délais de consultation très courts", remarque Catherine LALLEMAND du cabinet Syndex. Dans ce contexte, les représentants du personnel se sentent peu soutenus par les salariés qu’ils représentent. Ainsi, 70% des salariés de leur entreprise ne seraient pas au courant du passage au CSE, tandis qu’ils seraient 90% à ne pas être intéressés par le sujet. Les PV de CSE deviennent donc un outil capital pour améliorer le dialogue social dans les entreprises.

Tous les mardis, retrouvez nos articles sur l'actualité sociale dans la rubrique Actualités.

https://lentreprise.lexpress.fr/rh-management/droit-travail/les-elus-du-personnel-vivent-mal-le-passage-au-cse_2057884.html

Derniers articles
Nous contacter

Remplissez ce formulaire de contact et nous vous recontacterons au plus tôt.

Loi Rebsamen et consultation du CE